
Pour rappel, je suis ultra fan de Jérome Bertin, ayant été conquis par ses ouvrages récents (au Diable Vauvert), et j’ai donc décidé de lire l’ensemble de son œuvre, en reprenant du début. Ce petit livre, ou ce grand poème selon votre préférence, est donc son troisième. Et si les deux premiers étaient un peu en dessous de ce qui m’avait tant conquis (encore que La patient soit déjà très à mon goût), ce n’est plus le cas pour celui-ci. Le fond est toujours touchant, et nous plonge vraiment dans la tête et les émotions du narrateur, et ce n’est pas de tout repos, ni bien propret. C’est touchant et dur. Et la forme est brillante. Fluide, puissante, avec une merveilleuse inventivité dans les tournures et les structures. Tout en restant dans un registre de vocabulaire simple, populaire, plutôt parlé. Et donc loin de la poésie traditionnelle et de la belle langue française bien tournée et bien lissée. C’est beau, c’est poisseux, c’est vrai : c’est du Jérôme Bertin.