Sébastien Charbonnier est un philosophe compréhensible. C’est déjà un très bon point. Mais ce n’est pas tout, il est également très imprégné de sociologie et de lecture des rapports de domination. Et puis aussi : il a une perspective très radicale, et passablement libertaire. Beaucoup de choses pour me plaire, donc, d’autant plus lorsqu’il s’attaque à la question du pouvoir, qui est un de mes sujets du moment en termes professionnels. C’est un petit livre, mais très dense. Découpé en mini paragraphes numérotés, c’est plus une réflexion parcourant la thématique qu’un essai d’un bloc ou visant à démontrer une thèse spécifique. J’ai bien aimé ce format qui se prête à une lecture par petits morceaux, en prenant le temps de réfléchir (mais sans trop espacer non plus parce qu’il faut rentrer dans la manière de penser et ne pas tout oublier d’une fois sur l’autre). Sur le fond, il y a beaucoup, et je suis bien certain de ne pas avoir pris toute la mesure de ces idées et de ces références, mais je suis sûr d’y avoir trouvé des idées qui m’ont alimenté de manière très précieuse. La différence qu’il fait entre puissance et pouvoir, en particulier, est passionnante, et très opérationnelle quant à ce que j’essaie de produire professionnellement. De la même manière, ses réflexions sur la manière dont on incorpore un rapport au pouvoir conditionné socialement, et l’enjeu de s’en détacher, m’ont bien plu. Pour qui s’intéresse à la question du pouvoir, c’est vraiment chouette.