
J’avais déjà lu Rouge pute, de Perrine Le Querrec, qui m’avait impressionné par sa force et sa pertinence. Ici, de la même manière, Perrine Le Querrec propose un texte poétique, en plusieurs parties, basé sur des faits et des vies réelles. Si ce n’est qu’ici, ce ne sont pas des témoignages directs, mais des archives et des récits qui lui ont servi de base. Pour raconter les maisons de rééducation judiciaire pour jeunes filles mineures du début du vingtième siècle. Pour raconter donc ces prisons-écoles, mais plus prisons quand même, dans lesquelles se trouvaient enfermées aussi des jeunes délinquantes que des filles trop libres ou simplement des filles que leur père ne voulaient plus voir traîner dans leurs pattes. Parce qu’on découvre pas mal de choses, donc le fait qu’un père pouvait faire enfermer sa fille sans aucune justification jusqu’en 1935, en France, oui, voilà voilà. Ce n’est pas seulement l’enfermement et la maltraitance qui sont racontées, mais la révolte, et en particulier un moment de rébellion et de liberté. Qui met en lumière tout le reste. C’est un contenu frappant et une découverte brutale et émouvante de ces espaces gardés cachés et tus. C’est bien écrit, avec des variations de forme efficaces, et l’autrice réussit à brosser un tableau puissant de son sujet en un volume court.