
La suisse rurale, au dix-neuvième, ça ne vend pas des masses du rêve en termes d’épanouissement féminin et féministe. Même avec des métiers valorisables et pointus dans l’horlogerie. Alors un groupe d’amies et de connaissances, abreuvées aux réflexions anarchistes, se décide à partir construire une société utopique de l’autre côté de l’Atlantique. Là où, dit-on, c’est possible, et on elles sont peut-être même attendues pour. Avec un clin d’œil formel à Agatha Christie, la dernière survivante de l’épopée raconte. Différentes étapes, différentes communautés et différents contextes, du bout isolé de l’Amérique du Sud à des utopies sur des îles paradisiaques à l’horizon colonisateur et ses villes en expansion. Et différentes violences, différentes joies et réussites, et différentes morts. Parce qu’une seule revient. C’est rédigé comme un journal de bord revisité en fin de parcours. Ce qui fonctionne plutôt bien, même si je n’ai pas trouvé le style littéraire follement entraînant. L’histoire et ce qu’elle permet de découvrir comme contextes est chouette.