Je ne connais pas du tout bien Werner Herzog, si ce n’est qu’il est pas mal barré et qu’il a côtoyé Klaus Kinski, qui l’est encore beaucoup plus. Et je ne connais vraiment pas bien son œuvre, même si Aguirre, en particulier, m’a laissé un souvenir impérissable. J’avais lu des choses intéressantes sur sa biographie alors j’ai tenté, avec curiosité. Le récit qu’il fait de sa vie est intéressant, vraiment, d’autant qu’il correspond vraiment à la génération de mes parents. Il y a un fond de contexte historique, allemand qui plus est, que j’ai trouvé intéressant comme éclairage général. Et au-delà de ça, c’est foisonnant, et bordélique, et surtout enthousiaste. C’est impressionnant et inspirant de voir à quel point Herzog a choisi de vivre comme il voulait, avec des projets plus fous et risqués les uns que les autres. Mais tous avec du fond, et de la passion. On ne peut qu’être un peu jaloux de la mesure à laquelle il a osé vivre. Il y a un côté roman d’aventure foutraque, voire vie picaresque. Je suis étonné qu’il ait survécu si longtemps, franchement. Et je n’aurais pas tellement aimé le côtoyer ou travailler avec lui. Ce dont on peut juger parce qu’il raconte de manière très franche et directe ses réussites mais aussi ses travers et ses brouilles. Un grand bazar plein de choses passionnantes et parfois à la limite du croyable, qui fait une bonne distraction enrichissante. Et sans doute bien plus si on connaît mieux l’auteur et son œuvre, que j’ai du coup envie de découvrir un peu plus.