Qui eut cru que je lirai le pape, hein ? Et pourtant, j’en suis bien content. Certes, il a fallu que j’aille au Vatican l’acheter sur place pour me décider, mais je m’étais déjà posé la question auparavant. Parce que cette encyclique traite de la question de l’IA, et avec des échos intéressants et élogieux. Pour commencer par le début, j’ai trouvé le format de l’encyclique très agréable et intéressant. On sent la tradition catholoque, et l’idée que ce soit un texte à discuter, à réfléchir et à reprendre par morceaux. C’est donc construit de manière très structurée et identifiée : chaque paragraphe (en gros) est numéroté et correspond à une idée. Ce qui permet de suivre de manière très claire et facile la construction et le cheminement de la pensée. C’est vraiment bien, et ça met aussi en évidence à quel point c’est une pensée construite avec rigueur et méthode donc. (Bravo le pape ;). La bonne surprise, en ce qui me concerne, ça a été en gros la première moitié, que je n’attendais pas : elle ne traite pas de la question de l’IA, mais de la doctrine sociale de l’Eglise. Donc : depuis quand, pourquoi et comment l’Eglise pense-t-elle les questions relatives à la société ? Comment des textes évangéliques, donc théologiques, peuvent servir à éclairer des questions profanes, et une société en mouvement ? Je ne mesurais pas à quel point ces questions avaient donné lieu à une réflexion profonde et à des réponses construites et explicites. Ce que j’ai trouvé passionnant historiquement, mais également très riche intellectuellement : c’est pas si souvent qu’on lit des trucs aussi solides sur des fondamentaux de valeurs. Et j’ai même été surpris d’à quel point les positions actuelles de l’Eglise me vont sur pas mal de points ((et pas du tout du tout sur quelques autres, mais franchement, pas autant que j’aurais parié). C’est avec cette base, et donc une grille de lecture constituée et rodée, que Léon XIV aborde la question de la technologie, du numérique et en particulier de l’IA. Et là aussi, il a fait ses devoirs. C’est à jour des enjeux contemporains, avec une prise en compte fine des enjeux technologiques comme politiques. C’est solide. Et ça dessine des pistes de travail qui semblent franchement productives. Qui ne sont pas dans une lecture révolutionnaire, certes, mais franchement, ce serait déjà drôlement bien. Je ne sais pas si j’en lirai d’autres, mais je suis très content de la lecture de cette encyclique, et mon estime pour ce pape en sort franchement renforcée (spéciale dédicace à celleux qui me lisent régulièrement et qui aiment bien trouver des surprises dans mes chroniques 😉