La France est un pays dans lequel le racisme prend beaucoup de place, et limite notamment beaucoup la possibilité pour les personnes le subissant d’accéder à l’emploi ou a minima à des emplois qualifiés avec une progression de carrière satisfaisante (c’est-à-dire à minima équivalente aux personnes blanches). Face à ce constat, vécu quotidiennement, concrètement, les perspectives ne sont pas enthousiasmantes, et un certain nombre de personnes françaises racisées font le choix du départ vers un autre pays, pour y travailler et y vivre. en particulier des personnes diplômées ou très diplômées pour lesquelles l’accès à un emploi ailleurs est possible, voire carrément possibles. Les sociologues auteurs de cette étude très intéressante ont fait de leur mieux pour entrer en contact avec un panel large de personnes ayant fait ce choix. Et ils ont réalisé des entretiens longs pour comprendre leur vécu, les éléments déclencheurs, les possibilités ou non de départ, les freins et les regrets, et puis les résultats : est-ce que ça a marché. Il y a bien sûr de nombreuses variations et de la complexité, et des catégories différentes, notamment selon les pays où elles se sont installées, mais les tendances générales sont très éclairantes. Sur cette diaspora bien sûr, et c’est déjà passionnant, mais aussi, forcément, sur la France et le racisme avec toutes ses conséquences. Une très chouette ressource de sociologie très lisible.