
Libertalia est vraiment une maison d’édition qui fait le boulot de vulgarisation sociale et politique, de manière directe et efficace. Avec ce petit ouvrage, l’auteur vient éclairer ce qui était pour moi un point relativement aveugle des rapports de domination : la tsigane phobie. Enfin, je situais l’enjeu mais je n’avais jamais pris le temps de me documenter sérieusement, ce que ce petit volume fait de manière efficace en un nombre de pages limité. C’est politique, c’est documenté, et c’est relaté par un auteur concerné. Qui avec un bagage universitaire bien mobiliser son vécu et celui des siens, notamment la mémoire des ancien-nes. Ce qui est du coup incarné et touchant, tout en restant dans un registre de synthèse explicative mêlée de plaidoyer. L’ensemble brosse un portrait de la situation actuelle des groupes tsiganes, de ce qu’ielles ont subi et subissent encore, et permet de prendre la mesure d’à quel point c’est un sujet ignoré par la grande majorité d’entre nous (et qui est donc propice à véhiculer des stéréotypes de manière inconsciente). Je n’y ai pas seulement trouvé de quoi situer tout ça, j’ai vraiment découvert certaines dimensions, comme celle des groupes de voyageurs non-tsiganes. Bref, un tout petit livre qui fait très bien le boulot annoncé.