Fanny Ruwet est surtout connue comme humoriste de stand-up, avec un humour aussi provoc que touchant dans les fragilités qu’elle révèle et met en scène. Elle propose ici un premier roman dans lequel on retrouve parfaitement son style. La bonne nouvelle étant : l’écriture est vraiment très réussie et réussit à combiner tout aussi bien des dimensions profondément touchantes et un humour décalé et trash du meilleur goût (pas du tout, elle fait dans l’auto-dépréciation, dans le quotidien, avec des blagues de vomi, mais avec talent). C’est donc drôle. Vraiment, avec plein de notes de bas de page, de regards décalés, de petites piques ironiques et bien visées. Si vous faites partie des classes moyennes intello de plus ou moins sa génération, vous allez y retrouver beaucoup de vécu, a priori, et si vous êtes prêt-es à en rire, vous en aurez pour votre argent. Avec ça, ce n’est pourtant pas un livre sketch. Il y a une vraie narration, avec un vrai truc de fond à raconter. De manière pseudo-autobiographique, elle raconte la quête d’une relation MSN de son adolescence, qui s’avère plus difficile qu’anticipée, et qui le fait passer par pas mal d’interrogations et de relectures d’un passé pas que facile. C’est vraiment joli comme évocations et comme réflexions. Tout en riant. Jaune parfois, mais pas à moitié. C’est d’une lecture rapide mais pour moi ça a été un vrai plaisir. Franchement, jetez un oeil, je trouve que ça vaut vraiment le coup.