J’avais apprécié le précédent livre de Alice Laurent-Mayard, mais il ne m’avait pas entièrement entraîné. Ici, si. L’autrice part de son expérience personnelle et de ses questionnements sur l’amour et les relations romantiques. Est-ce qu’il en faut nécessairement ? Et si c’est le cas : de quoi s’agit-il ? Comment définir tout ça et savoir quoi en faire ? Son positionnement se définit après exploration comme asexuel et aromantique. Ce qui, même si la vie de l’autrice m’importe en elle-même assez peu, a un intérêt profond ici : elle réussit, on pourrait même dire qu’elle n’a pas le choix, à prendre de la distance avec les normes et attentes sociales que nous avons incorporées depuis l’enfance. Et elle peut donc les regarder, les questionner, de manière très efficace. C’est vraiment chouette, comme résultat : une enquête sur l’amour et sa place culturelle, la manière dont l’idée s’est constituée dans notre culture et la place qu’elle y a pris. Et analysé comme ça, ça devient quelque chose qui n’est plus du tout ni naturel ni obligatoire. Ce qui amène à la seconde partie du livre : si ce n’est pas obligatoire de construire une relation romantique pour être heureu-se, et si même dans de nombreux cas c’est nocif, alors que pouvons-nous inventer d’autre. Elle passe donc en revue les autres formes sociales en expérimentation depuis plus ou moins longtemps, avec là encore beaucoup de clarté et d’intelligence. Ce ne sont pas des sujets que je découvre, loin de là, et j’ai trouvé ce livre très réussi et efficace. Parce qu’il est écrit d’une manière vivante et agréable, mais aussi parce qu’il propose une approche assez complète et synthétique des questions relatives à la place culturelle de l’amour et des relations romantiques. Genre : si vous voulez une bonne entrée intelligente dans ces questions, c’est un très bon choix.