
J’avais aimé le spectacle, donc j’ai acheté le livre à la sortie du concert, ça ne surprendra personne (le principe d’un concert à l’issue duquel on vend des livres est fait pour moi, je crois ;). C’est le texte du spectacle, avec des morceaux en plus. Enfin non, le spectacle est une version tronquée de ce texte. Et le livre est tout aussi bien que le spectacle. C’est de la poésie, mais de la poésie qui ne se la raconte pas. En octosyllabes, avec des structures travaillées et rythmées, mais aussi des ruptures dans le registre de vocabulaire, qui là encore donnent une dimension vivante et moins formellement littéraire. C’est un exercice littéraire remarquable, mené de manière détendue et iconoclaste. J’aime vraiment la musique de Thomas Fersen, en termes d’écriture. Et ce qu’il raconte est touchant, il raconte l’enfance, la famille, l’adolescence, et le fait de devenir adulte, et homme, alors que ce n’est pas forcément ce qui nous motive. C’est touchant et fin, donc, et franchement drôle très souvent. Le fait que Thomas Fersen soit plus ou moins de la même génération que moi aide certainement, en termes de références et d’échos. Les pressions à paraître, les pratiques d’ados, les premiers amours, les tentatives de se définir, tout ça est joliment raconté, et avec second degré. Et pour le même prix, il y a une jolie chute, qui conclut avec un brio discret, et peut même donner une seconde lecture réjouissante. C’est une lecture qui a été pour moi un vrai plaisir à tous points de vue, une douceur bienvenue.