
Je trouvais déjà Aimé Césaire admirable politiquement et impressionnant dans ses analyses et ses formulations dans ses essais. Ce n’est pas quelqu’un par lequel on a envie d’être attaqué, encore moins insulté : il y a dans ses écrits politiques un sens du verbe et de l’invective impressionnant. Sans surprise : parce que c’est avant tout un poète. Et cette découverte de son oeuvre initiale me fait dire, avec le peu de compétence que j’ai dans le domaine : un poète puissant, impressionnant, qui a tracé un chemin nouveau. C’est une voix, une écriture unique. Avec laquelle il raconte son retour au pays, et donc son pays, et son évolution loin de lui. C’est une forme de poésie qui pour moi fonctionne vraiment bien, parce qu’elle s’émancipe des formes classiques et des codes pour inventer des formes adaptées au contexte et au récit. Et il y a vraiment dans ce court texte des passages magnifiques et mémorables. Avec une petite limite : c’est fluide et rythmé à lire, mais il y a du vocabulaire. Ce qui demande soit de s’interrompre pour chercher, soit de se dire qu’on comprendra le sens même en ratant certains mots, si ça ne vous frustre pas trop. C’est un texte que j’ai aimé, et qui a une place historique. Avec en prime une présentation d’époque d’André Breton qui vaut aussi son pesant de cacahuètes.