Les récits de transfuge de classe ont la côte. Depuis un petit moment, mais la tendance est quand même particulièrement marquée ces dernières années. Avec en particulier des succès très visible, comme Edouard Louis ou Annie Ernaux. Laélia Véron ne vient pas critiquer ces succès, ni commenter leur qualité littéraire ou leur intérêt propre, mais elle se demande ce que cette mode raconte. Pourquoi elle existe ? Pourquoi ces récits sont aussi recherchés et mis en avant par les éditeurs, puis lus ? Ce qui est une question que je trouve vraiment intéressante. D’abord en termes de phénomène social, dans la manière dont on se construit collectivement un imaginaire autour de certaines figures. Ensuite en termes politiques, quant à la place que prennent ces récits de parcours individuels, et comment ils peuvent être très compatibles avec des perspectives libérales, même si ce n’est en rien le propos de leurs auteurices. Et puis, enfin, ça interroge effectivement ce que ces textes essaient de produire par rapport à la famille d’origine, d’où le titre. C’est une réflexion intéressante sur cette forme de récit. C’est assez spécifique mais j’ai bien aimé.