
Je connaissais très peu Sorj Chalandon, mais ses prises de position politiques me l’avait déjà rendu sympathique. A la lecture de ce très beau roman autobiographique, j’ai rapidement compris pourquoi. Il y raconte, avec une écriture magnifique, sa jeunesse. D’abord la fuite, pour échapper à un père violent, raciste, borné, bref, d’extrême-droite traditionnelle, modèle années soixante et guerre d’Algérie. Il part, pour faire la route, en visant Katmandou. Et il rencontre la rue. A 17 ans. La violence et la solitude. Et puis, il rencontre la gauche révolutionnaire. Les maoïstes plus exactement. Qui lui font une place, qui le sortent de la rue. Qui le socialisent et le politisent. Tant qu’ielles existent, tant qu’ielles tiennent debout. C’est un très beau récit. C’est un récit très humain, très touchant et très prenant. Parce que j’ai aimé ce qu’il raconte d’errances, de doutes et de construction d’une identité et d’opinions. C’est un récit de croissance et d’émancipation, et je suis toujours très client. C’est un très beau récit aussi, tout simplement, parce que c’est vraiment très bien écrit. J’aime beaucoup le style de Sorj Chalandon. C’est vraiment écrit, mais sans en faire des caisses, sans essayer de se mettre en avant, en restant au service du récit. Vraiment un roman que je vous recommande.