Avec un sous-titre qui annonce : Traverser la tempête fasciste sans perdre le Nord, et une autrice que j’aime fort, j’attendais beaucoup de ce livre. Sans doute trop, en fait. Catherine Dorion pose une question qui me semble essentielle : dans un contexte de fascisation rapide, comment nous préparons-nous, nous qui espérons ne pas collaborer, voire résister ? Comment espérons-nous garder le cap, et rester sur pied tout simplement ? Pour y répondre, elle va chercher des récits, des témoignages, du vécu chez celles et ceux qui ont par le passé résisté. Et ce sur quoi elle se concentre, ce sont les dimensions sociales, en priorité. De quelle manière ces personnes ont fait ce choix de résister, comment ont-elles osé et tenu. L’essentiel des réponses qu’elle met en lumière concerne le fait de se constituer des réseaux sûrs, d’alimenter des liens, de la confiance. Et d’être notamment, de ce fait, moins entièrement dépendant-es des institutions, de l’état et des structures qui risquent d’être rapidement pilotées par des fascistes. Ce qui n’est pas du tout idiot, mais que je ne trouve pas vraiment suffisant. Je garde nettement l’impression que ce n’est qu’un petit bout de réponse. Qui est utile et nécessaire, mais il y a un paquet d’autres stratégies à aller chercher, je crois. Avec ces limites, c’est un livre agréable, et qui permet de découvrir des mouvements et parcours de résistance tout à fait intéressants. Et c’est écrit de manière facile d’accès et vivante.