
Je continue, même si ce n’est plus vraiment au cœur de mes pratiques, à me tenir à jour de ce qui sort de littérature sur le jeu. Et ces derniers temps, c’est étonnamment motivant. Après Kermarrec qui m’avait redonné envie de piocher dans une production moderne minoritaire mais politisée, voici un philosophe qui m’a carrément donné envie de construire de nouveaux contenus de formation autour du jeu. Point fort et important pour commencer : c’est de la vraie philo, mais rédigée de manière claire, raisonnablement directe même quand c’est conceptuel, et surtout ancrée dans des pratiques et des réalités matérielles, et ludiques. Au-delà d’un éclairage malin sur le jeu et sa place, c’est un ouvrage sur la question du jeu dans la vie et dans la société, et dans le fonctionnement politique. Le jeu au sens de subversion, de légèreté et création de marges de liberté, de manœuvre. Bref, de remettre du jeu pour qu’il y a ait du jeu dans les fonctionnements sociaux et politiques. Ce qui a été pour moi tout à fait inattendu en termes de profondeur, et de politisation, et très largement réjouissant. C’est vraiment la question du jeu en termes de disposition, de rapport au monde, et des modalités politiques qui laissent de la place au jeu, au vivant et à la liberté, ou pas. C’est réjouissant, et c’est motivant parce que ça fait vraiment du jeu une ressource et même un levier d’action politique. Autant dire que ça me donne tout plein d’idées qui viennent relier plusieurs éléments qui me passionnent déjà séparément. Bref, c’est à lire si vous être motivées par l’intersection jeu et politique.