Version 1.0.0

Le sous-titre, c’est : capitalisme et neurodivergence. Bon sujet, non ? Moi en tout cas, c’était déjà une intersection qui m’interrogeait, mais là j’en ai eu pour mon argent. Parce que oui, c’est ambitieux comme approche théorique et comme ampleur d’analyse (ce qui est un avantage d’un auteur autiste, forcément :). Ce que j’ai trouvé tout à fait impressionnant, intellectuellement, et passionnant, c’est que l’auteur ne s’arrête pas à la place faite, ou pas, à l’autisme dans le fonctionnement capitaliste, voire néolibéral. Alors que ça serait déjà un contenu très intéressant, sur les injonctions à la productivité et les manières d’intégrer certaines divergences au productivisme dès qu’elles peuvent l’être. Et ce contenu est présent. Mais ça va bien au-delà : le boulot de fond ici, c’est une analyse solide de la manière dont la logique capitaliste a construit le principe même de norme et de normativité. Et là, c’est vraiment brillant et ça ouvre des perspectives très riches. Quant à la manière dont cette construction permet vraiment l’articulation entre exploitation capitaliste et système de dominations. Avec en particularité la manière dont la neuro-normativité se construit et s’utilise, mais pas que. C’est toute l’idée de la norme qu’on regarde soudain autrement. Et qu’on regarde en particulier comme un concept et une structure sociale située et construite dans un contexte et selon des priorités spécifiques. Ce qui ouvre du coup une perspective critique nouvelle. Il va falloir que je digère tout ça et que j’y revienne, mais j’ai trouvé ça absolument brillant, et bien au-delà de ce qu’annonce le tire a priori. C’est bien sûr dense en termes d’idées et d’analyse, mais c’est un registre de langue tout à fait accessible. Remarquable.