Aller vite, toujours plus, et être productif, toujours plus, c’est ce que nous propose le monde capitaliste actuel. Sans limite, sans issue, comme un horizon repoussé en permanence. Ce qui est une dynamique et un système de valeurs tellement intégré qu’il nous semble aisément évident et incontestable. Pour autant, il y a eu, toujours et partout, depuis l’avènement du capitalisme primitif, des résistant-es à cette logique. Des hommes lents. Lents volontairement, comme une affirmation de valeurs, comme une résistance affirmée et pensée. C’est une découverte réjouissante que de les rencontrer et de mesurer leurs présences à travers l’histoire, leurs variations et leurs cohérences. La filiation qu’établit l’auteur fonctionne bien et permet un parcours léger mais non sans densité. C’est un chouette essai, qui alimente par une entrée originale une culture de la subversion. Et de la ruse populaire également. Qui sont toutes deux des ressources bienvenues par les temps qui courent. C’est tout à fait lisible, et accessible.