
Quand on met ensemble deux philosophes pour parler handicap, et notamment une concernée, ça ouvre beaucoup de questions, avec une intention de creuser, d’aller chercher des interrogations profondes en termes de relations, de reconnaissance et d’enjeux. Oui, bref, de la philosophie. Il se trouve que ce n’est toujours pas mon cadre de référence, et je reste surpris et déstabilisé en partie. Ce qui dans le cas présent n’est pas du tout bloquant parce que la forme dialogue évite les longs passages denses et donne à comprendre de manière fluide. Ce dialogue est très rapidement centré sur la question de la parole, de sa place ou non, de sa réception et de la manière dont elle est constitutive de l’identité et de la reconnaissance. Et du coup, ça parle aussi bien au-delà de la question du handicap. Qui est pourtant présente et traitée avec beaucoup de force et de clarté. Je me suis laissé prendre au jeu, et j’y ai trouvé de quoi me poser de vraies questions, et une incitation à en prendre le temps.