Je choisis parfois des livres en sachant qu’ils vont me demander un effort considérable. Là, oui. C’est de la philo allemande, contemporaine, sur l’identité bourgeoise et la manière dont elle s’est construite sur la longueur, avec une grille de lecture de sciences sociales critiques. En anglais parce que c’est le seul autre choix à part l’allemand (et : non, jamais). Ouais, j’étais motivé et il a fallu ça parce que c’était difficile. Pour la langue, parce que même traduit en anglais, la structure de l’allemand, en particulier sur des gros concepts, ça fait des phrases très fatiguantes dans lesquelles il faut rester concentré. Et fatiguant aussi parce que ça brasse du concept et surtout des références de philosophie classique et contemporaine que j’ai très peu. Donc faut deviner, relire, et se faire à l’idée que non, je ne comprendrais pas tous les tenants, aboutissants et contextes. Et pourtant : je suis très content d’avoir fait l’effort. Parce que ça apporte vraiment quelque chose de nouveau sur la question de la manière dont la bourgeoisie s’est construite. La manière dont elle a construit sa propre image et surtout ses stratégies émotionnelles. En particulier pour faire face à ce qui, historiquement et actuellement, permet le maintien de ses privilèges (dont esclavage et morts en méditerrannée au quotidien par exemple). Et qu’elle va imposer comme norme émotionnelle. C’est passionnant, et perturbant, et riche.