Un nouveau petit volume de la collection de Victoire Tuaillon. Avec un thème d’actualité, le repos, dont j’ai craint qu’il ne soit traité de manière trop individuelle. Mais ce coup-ci, non. C’est politisé, et c’est même clairement anti-capitaliste. L’autrice vient bien interroger tout ce que nous avons intégré de besoin d’être productives en permanence, et de considérer que c’est ce qui nous donne de la valeur. Ce qui est bien une construction capitaliste volontaire. Et de là, on peut avec efficacité et pertinence parler de recul critique et de méthodes concrètes. C’est pas ça qui fera la révolution tout seul, mais déjà ça fait du bien, et ensuite c’est pensé dans une perspective révolutionnaire. Après, clairement, c’est écrit dans une culture américaine, et même très afro-américaine. Le lien avec l’esclavage et l’héritage générationnel noir est fort et frappant, mais il ne fait pas écho directement en ce qui me concerne. Et puis la dimension spirituelle, même si c’est une spiritualité politisée, c’est quand même un truc qui me freine pas mal. Ce qui n’empêche que le parcours de l’autrice, et son ministère de la Sieste, donne vraiment à réfléchir et peut inspirer de réelles dynamiques collectives. Il y a donc un fond que je trouve pertinent et utile, et une forme que je trouve assez étrange parce qu’éloignée de mes cadres de référence.