La capitalisme, c’est caca ? On est d’accord là-dessus ? Bon on peut avancer et regarder le comment du coup. Ce que Anthony Galluzo propose ici, c’est un regard critique sur les grandes stratégies capitalistes de gestion de la main d’œuvre, mais sous une forme facile à lire et gentiment provocatrice. Le format est celui d’un manuel à destination des gestionnaires de grandes entreprises. Avec donc des méthodes et astuces très concrètes pour extraire la plus grande valeur possible de sa main d’œuvre, avec une priorité d’efficacité (et pas du tout du tout de moralité ou même de légalité). Note importante : ce n’est pas un essai où l’auteur donne un avis de principes sur des travers supposés du capitalisme : c’est un travail de mise en forme de très nombreuses études concrètes. Donc : les méthodes horribles « conseillées » sont des méthodes réellement appliquées à grande échelle. Ce qui fait largement frémir, et fait surtout prendre la mesure de l’horreur morale et humaine du système mondial actuel. Franchement, ça fait peur et ça met en colère (et c’est le but). Le prisme est vraiment celui des grands groupes du capitalisme mondialisé, donc une grande partie concerne la mise en concurrence des différents états et régions du monde, mais pas que. Les manières d’exploiter à son bénéfice le sexisme et le racisme sont très éclairantes et très choquantes (mais très réelles aussi). Et enfin, concernant tous les formats d’entreprises, les modalités d’encadrement et de lutte anti-syndicale sont bien sûr très proches de l’expérience concrète de beaucoup. Tout ça est bien énervant, donc c’est un livre bien efficace. L’écriture directe et provoc permet vraiment de rendre accessible un gros corpus de sciences sociales important. Bien joué.