
Le dieu vagabond, d’abord, c’est un style de dessin que j’aime énormément. C’est lumineux et coloré, avec des pages très pleines, très structurées, mais jamais lourdes. Il y a beaucoup d’inspirations connues, de l’art nouveau, Van Gogh, des références antiques et mythologiques aussi. Il y a en fait plusieurs styles, mais avec une unité d’ensemble qui fonctionne parfaitement. C’est rare une BD que je puisse entièrement parcourir uniquement pour l’aspect esthétique, mais c’est entièrement le cas ici. Avec ce foisonnement visuel, l’auteur raconte qui plus est une histoire qui me plait beaucoup. Celle d’un satyre échoué à l’époque moderne après avoir été maudit par Artémis et donc exclu de la cour de Pan. On va le suivre dans une quête au format très classiquement mythologique, avec passages dans les mondes du dessous et rencontre de créatures étranges et de figures mythologiques connues. C’est donc du fantastique mythologique contemporain. Ce qui est un registre que j’aime beaucoup quand il est bien réalisé, et c’est clairement le cas ici. Entre autre, ça m’évoque Tim Powers, et Mage, et quelques autres de ces filiations là. Je suis donc complètement conquis, sur tous les aspects, et la bonne nouvelle, c’est qu’il y a un second tome.