
J’aime beaucoup beaucoup la sociologie en général, mais la sociologie des vacances et des relations amoureuses et sexuelles, moi ça me fait vraiment de la lecture de détente, voire de vacances. Surtout quand c’est bien écrit, comme c’est le cas ici. L’autrice a fait un travail de recherche au long court dans la station balnéaire de Lloret de Mar. Sur la côte espagnole de méditerranée, connue pour accueillir de grands groupes de jeunes hommes de classes populaires et moyennes venus pour boire beaucoup beaucoup, sortir en boîte et draguer (et surtout conclure, par principe et pour le prestige). Elle y a travaillé plusieurs années en menant dans les interstices des entretiens plus ou moins longs avec des touristes mais aussi des locaux. C’est tout à fait passionnant. Et ce n’est pas du tout superficiel, parce que ce qu’elle vient éclairer avec brio, c’est la manière dont ces jeunes hommes pensent la séduction, les loisirs et au final, surtout : la masculinité. Le fait d’approcher la masculinité par ce prisme là est vraiment très riche, et éclaire de manière explicite et crue la violence des représentations, et des fragilités. C’est tout à fait brillant comme approche. Et c’est pour moi exotique à plusieurs titres : géographiquement, en termes de classe sociale, de sociabilité masculine et de représentations de la masculinité. Et donc parfois ça fait peur. Tout en étant très touchant et fin comme regard (les parties sur le déni et et la confrontation à l’échec sexuel (parce que quand ce ne sont que des mecs qui viennent au même endroit pour draguer des filles… ben ça marche pas des caisses :D)). Un livre que j’ai donc lu vite et avec grand plaisir, je conseille.