
Beau titre, non ? Moi, il m’a intrigué et amusé. Il s’agit d’une série de textes de deux auteurs gays espagnols, qui tentent d’inventer, et de proposer, un changement culturel de fond. A partir du cul. De l’anus, même, plus spécifiquement. Alors, oui, on peut en rigoler, et ils ne s’en privent pas complètement, hein, soyons clairs. Ce qui fait partie du propos d’ailleurs : si on était toutes et tous un peu moins culs serrés et rigides, le monde se porterait peut-être un peu mieux. Et plus spécifiquement, la sexualité anale suppose une remise en cause des rôles genrés, et pas seulement au niveau de la sexualité. Parce que tout le monde a un cul, justement. Et j’ai trouvé l’argumentaire beaucoup moins anodin qu’on pourrait le penser a priori. Vraiment, il y a de quoi réfléchir et changer de perspective. Ce qui est souvent le cas quand justement des personnes hors de la norme commencent à théoriser et à proposer un autre regard. Ce n’est pas exactement de la vulgarisation, ni quelque chose de pleinement structuré et théorisé, ce sont des textes écrits au fil de réflexions et de temps militants, donc ça fait un peu puzzle. Ce qui n’est pas forcément très fluide à lire, mais qui a le mérite d’être vivant et avec des variations. Tout ça avec une écriture qui est accessible et traduite de manière correcte. Clairement, on est dans une exploration, dans le partage d’une réflexion en train de se construire. Avec ces limites là, c’est un petit livre que j’ai trouvé intéressant.