Et si c’était maintenant le Ragnarok, la fin du monde viking ? Mais que ça se jouait en petit comité, avec de grands ados, dans une petite ville au fond d’un fjord danois ? C’est ça, cette série, et c’est très réussi. Il y a vraiment un mélange entre enjeux d’adolescence (identité, famille, ami-es, amours) et grands enjeux sociaux et politiques. Parce que le Ragnarok, et le Mal, sont vus au prisme des groupes industriels géants, du capitalisme, de la pollution et de la crise écologique, ce qui est malin et efficace. Avec des ados qui essaient de se positionner et de faire face, notamment à leurs pouvoirs et responsabilités naissantes. Et ça fonctionne notamment parce que c’est bien écrit et bien joué, en se concentrant sur les personnages et les enjeux. Ce qui va bien avec le côté apocalypse en tout petit comité est sans en faire des caisses en termes de pouvoir et d’effets spéciaux (et j’aime vraiment le côté : Ragnarok se joue à moins de dix personnes parce que c’est les seuls bouts qui restent). Pour celles et ceux qui situent la mythologie nordique, c’est plein de clins d’œil et de repères rigolos, et sinon je suis sûr que ça marche bien en découvrant. J’ajouterais deux coups de cœur : un magnifique Loki ado plein d’humour et d’ambiguïté, et les paysages norvégiens qui donnent vraiment envie d’y aller. C’est une série courte (deux saisons de six épisodes) que j’ai beaucoup aimée mais qui n’est pas finie et il va falloir s’armer de patience avant la troisième saison.