
Bon, quand une auteure remporte trois prix Hugo de suite, pour les trois tomes d’une même trilogie, c‘est plus qu’un bon signe, c’est que c’est une série et une auteure, exceptionnelles. Effectivement, ce premier tome est impressionnant. À tous points de vue, en fait. D’abord, au niveau de l’écriture, qui est vivante, rythmée et variée (oui, le style change selon les chapitres, ce qui réussit à renouveler sans perdre en cohérence). Je dirais même que j’y retrouve, dans la finesse de l’humour et la voix de la narratrice, quelque chose de Pratchett ou de Gaiman. Ensuite la structure du récit est brillante. Il y a un vrai travail de construction et d’imbrication, parfaitement exécuté et très fin là aussi. Dans un monde vraiment original et profond qu’on découvre au fur et à mesure (et c’est loin d’être fini). Enfin, et c’est là que je suis le plus conquis (et admiratif): c’est d’abord un roman sur des personnages et la manière dont un vécu d’oppression les forme, les déforme et leur permet de survivre tant bien que mal en se rafistolant. Ce qui en fait un livre étonnement profond et touchant. Mais, par contre, pas toujours drôle. Voire pas drôle du tout par moments, ce qui est d’ailleurs bien visible dès le début, mais toujours avec raison et avec finesse. J’ai donc vraiment beaucoup aimé et je vous en recommande la lecture, en prenant le temps de vous laisser emporter et toucher.
C’était déjà dans ma liste de futures lectures, voilà qui va juste le faire remonter vers le haut 😉
Bon, je suis dans le tome 2, et c’est toujours aussi bien. C’est fort, c’est dense, ça reste en tête et ça ne se lit pas trop vite pour que ce soit viable. Non, vraiment, sans hésitation, vas-y 🙂