Je vous avais déjà parlé de Joolz pour sa poésie, notamment en spoken word, et certains de ses romans, mais jusque là uniquement disponibles en anglais. Or, bonne nouvelle, son premier roman vient d’être traduit et édité en français, même si il garde son titre d’origine. Il est classé comme thriller, dans une collection policière, ce qui, sans être complètement faux, est un peu trompeur. Parce qu’il n’y a pas vraiment de mystère quant au fait qu’il s’est passé des choses affreuses, ni par qui elles ont été faites, c’est évoqué, sans détails cependant, dès le début. Et c’est en fait l’entourage du tueur/monstre qu’on va suivre, sa copine et la meilleure amie de cette dernière, leur relation, leur vie, leurs difficultés et questionnements. Ce qui est abordé avec beaucoup de finesse et des réflexions que j’ai trouvées très touchantes et juste, autant dans leur identité que leurs relations au tueur, dont on découvre petit à petit pourquoi et comment il a pu entrer et rester dans leur vie, ce qui fait largement froid dans le dos, mais en restant très réaliste et du coup d’autant plus inquiétant et traumatisant. Parce que oui, c’est quand même un bouquin qui fait bien froid dans le dos, et ce principalement sur des questions de psychologie et de relations humaines. Outre cet argument central, j’ai aussi apprécié que tout ça se déroule dans le milieu alternatif du nord des iles britanniques, artistes, gays, queers, etc, et ce décrit de manière très humaine et pas du tout sensationnaliste (bon, quand on connait l’auteuse, on n’est pas surpris, mais je trouve ça appréciable cependant). Au final, un bon roman d’horreur « quotidienne » (avec quand même des choses horribles, mais qui servent de toile de fond, ce n’est pas ça qui est décrit et suivi), réaliste et inquiétant, qui remue les tripes et donne une bonne idée de ce que Joolz sait faire, même si ce n’est sans doute pas son meilleur non plus.
Stone Baby, de Joolz Denby.
