
La relation mère-fille, si on dépasse certaines images et injonctions culturelles, c’est pas toujours simple. Pour nombreuses, même, c’est un endroit de tensions, de souffrances, voire de ruptures. Souvent autour d’un : ne surtout pas être comme elle. C’est le constat vécu par Catherine Richard, qu’elle est allée compléter et étayer par une enquête auprès d’un certain nombre de femmes volontaires pour témoigner. Cette matière collectée sert d’assise à son analyse. Et elle sert aussi de matériau sensible et émouvant. Ce qui fait partie des éléments qui m’ont marqué : ces témoignages directs des souffrances qui se jouent là. Au-delà de ce constat, l’autrice développe une analyse de ce ressentiment et ces stéréotypes critiques. Et c’est une analyse féministe, ce qui est essentiel, puisqu’il s’agit de valider et comprendre cette souffrance, voire cette haine, sans en rendre responsable les mères. En comprenant le contexte profondément sexiste qu’elles subissent et dans lequel elles se construisent en tant que mères. Et dans laquelle se construisent également leurs filles. Ce qui éclaire beaucoup de choses de manière très intelligente. Si je ne suis bien sûr pas le public cible, j’ai été tout à fait étonné, puis passionné et enfin conquis par cette démonstration et les points aveugles que ça permet d’éclairer.