Les jeux d’argent ont toujours eu une place particulière, socialement, politiquement mais aussi moralement. Ils ont donné lieu à des positionnements forts, notamment de la part du pouvoir religieux et royal dans un premier temps, puis du pouvoir étatique ensuite. C’est ce que rappellent les auteurices dans un premier temps, de manière synthétique et efficace, et qui plus est avec un prisme mondial, ce que j’ai trouvé très enrichissant. Et qui n’est qu’une introduction au propos principal : décrire et analyser comment cette question des jeux d’argent est aujourd’hui, et depuis un moment en fait, mondialisée. Par le fait des jeux en ligne, bien sûr. C’est la partie qui ne m’a pas surprise, mais elle est pertinente et importante quand même. La partie surprenante, pour moi, c’est le monde des casinos, et la manière dont ils sont maintenant financiarisés et objets de négociations géopolitiques importantes. En particulier pour deux raisons : l’énorme bassin d’emplois que ce sont les zones denses de casinos, et surtout pour les fonctions de blanchiment massif de capitaux qu’ils permettent. Et que les grands Etats préfèrent garder dans leur périmètre. L’exemple de Macao est à ce titre tout à fait fou. Tout ceci fait un livre vraiment intéressant, dans un registre un peu spécialisé.