
Florence Mendez est une humoriste qui, si vous ne la connaissez pas déjà, a un humour brutal et provoquant que j’apprécie beaucoup. Dans ce seule en scène, elle raconte son parcours, articulé autour du diagnostic tardif de son autisme (sans déficience intellectuelle, aka Asperger) et des hauts et bas de sa santé mentale au fil des années. C’est courageux, incontestablement. C’est politique également. Tout au moins en fait-elle une question profondément politique. Mais surtout : c’est brillant. C’est brillant parce qu’elle ose un humour dévastateur sur des questions largement tabou et donc on ne parle que de manière compassée ou méfiante. Florence Mendez s’expose, se risque, et elle m’a touché profondément. J’ai passé la moitié du spectacle à rire, fort, et l’autre à pleurer franchement. Parfois de tristesse, d’empathie, et parfois tout autant de colère face aux violences subies, souvent invisibilisées. C’est un vrai spectacle comique, mais c’est aussi un vrai spectacle dramatique, et c’est en même temps un plaidoyer puissant pour la santé mentale et la justice sociale. Une magnifique réussite que je vous conseille bien fort d’aller voir si vous avez l’occasion.