
La monogamie, un truc de blanc ? Et un truc de catholique ? La réponse, depuis le Sud, d’une non-blanche, est un oui très net. L’autrice montre comment les cultures américaines avant la colonisation génocidaire et l’évangélisation forcée ne pensaient pas les relations selon ces valeurs et ces termes. Et ne pensaient pas non plus les émotions et les affects selon les mêmes grilles de lectures ou valeurs. L’autrice ne propose pas une thèse lourde et argumentée mais un récit, une réappropriation accessible et directe, ce qui est tout à fait plaisant, et donne carrément envie de trouver des écrits plus denses sur la question. Elle va sur cette base-là développer un plaidoyer pour une décolonisation des affects et des modèles relationnels. Pour sortir des schémas imposés depuis la colonisation. Cette association entre non-exclusivité (ou en tout cas la liberté de choisir son modèle librement) et décolonisation est aussi inattendu qu’efficace. Et il est joyeux aussi. C’est un livre étonnant et rapide, vivant et intriguant. Moi, j’ai été surpris et j’ai aimé.