
J’ai lu un certain nombre de livres, déjà, sur les questions de polyamour, de non-exclusivité, etc. Du coup, je venais à celui-ci pour le plaisir d’une lecture confortable qui ne me surprendrait pas et par curiosité quant à la manière d’aborder la question. Et j’avais bien tort. Enfin, ça a été vrai pendant deux chapitres, qui reprennent les fondamentaux historico-éthiques, mais ensuite pas du tout. Parce que le sous-titre est juste : c’est une critique féministe avant tout, de la fidélité et de tout ce qui va avec. Et c’est puissant comme analyse et comme plaidoyer. QU’on passe par la question du rapport entre le rapport au corps et la violence (qui a été un vrai éclairage pour moi) ou par les enjeux de droits humains ou d’autonomie corporelle, l’autrice convoque des arguments et des concepts solides et politiques, et pas seulement psychologiques, sexuels ou relationnels (ce qu’elle fait aussi, notez bien, mais dans le cadre d’un projet politique). Ce qui lui permet de construire une critique puissante, et donc un plaidoyer. Franchement, une très bonne surprise, je suis assez impressionné. Il y a des chances que ce soit le bouquin que je recommande dorénavant pour penser cette question (mais pas du tout pour la mettre en pratique, ce n’est justement pas le propos de ce livre, ce qui est aussi une bonne surprise).