
The will of the many est un des bouquins de fantasy qui a, dans l’actualité de l’année passé, un bon écho, voire des louanges. Le monde est tout à fait original. Clairement inspiré de l’Empire romain, mais assorti d’une technologie magique inattendue et pleine de répercussions politiques et sociales. Chaque personne de l’Empire cède une partie de sa volonté (de son énergie vitale donc, son anima) à un-e supérieur-e, qui fait de même. La société est donc organisée en diverses pyramides. Et recevoir la volonté d’autres, c’est devenir plus fort, plus intelligent, plus perceptif, et être rapidement un super-héros. Et au-delà de l’augmentation physique, de faire vraiment de la magie et d’investir des objets de volonté, ce qui donne une technologie assez avancée dans certains domaines. La métaphore politique est évidente, et est franchement bien exploitée et commentée. Et la trame de fond est politique pour une bonne part, on parle résistance, rébellion et tout ce genre de choses. Et ça, c’est la partie qui m’a bien plu. Mais que je trouve un peu sous-exploitée. Parce que dans ce monde, on suit un jeune homme, très en opposition à l’Empire, et qui va se trouver adopté par un patricien pour infiltrer l’école de l’élite de l’élite dans laquelle il se trame de sombres complots magiques et inconnus. Et sur cette base, c’est bien construit, mais d’une manière que j’ai trouvé assez attendue, voire vraiment pleine des tropes de la fantasy. C’est tellement dans le format : école de magie avec un héros rebelle et des secrets à découvrir, que j’ai vu venir à peu près toutes les péripéties au moins cent pages avant (voire cinq vent pour certaines). Si on ajoute à ça que le héros est un ancien prince qui sait absolument tout faire, doué en tout, auquel j’ai eu franchement du mal à m’attacher… je ne peux malheureusement pas dire que je me sois senti touché ou impliqué dans le récit. Pour autant, c’est bien foutu, avec des idées et un monde chouette, simplement, je crois que c’est trop dans une narration typique du genre, et que ça ne marche plus si bien que ça pour moi… Mais si vous êtes moins rodé au genre, ou que vous cherchez justement un format rassurant et connu, c’est du bon boulot.