
Caroline aime mourir. Ou plus exactement se faire tuer. De manière élaborée et douloureuse. Et à répétition. Parce qu’à chaque fois, elle est ressuscitée. Par l’Intelligence omnipotente qui règne sur le Cyberspace. Cyberspace qui est la seule réalité encore existante, l’ensemble du cosmos ayant été converti en puissance de calcul… Vous le sentez qu’on part sur du bizarre et ambitieux ? Ce petit roman, qui est une première œuvre, tente vraiment quelque chose d’original et d’inattendu. Au cœur des enjeux, on a les trois lois de la robotique, de manière profonde et retorse. Mais on a aussi des réflexions profondes et dérangeantes sur la mort, la douleur, le sexe et le sens de la vie. Avec des passages sérieusement gores et troublants. Et pour autant une tonalité assez légère, presque joyeuse. C’est du à l’écriture, qui est très directe, et surtout très rapide. Ce que j’ai trouvé très agréable, et étonnant d’efficacité. C’est sobre et l’histoire avance au galop. Avec une belle construction, un équilibre entre SF classique d’un côté et bizarrerie sadico-psychologique de l’autre (de manière centrale à la narration, hein, c’est pas gratuit), jusqu’à déboucher sur un final lumineux, amusant et assez profond. C’est un petit roman bizarre que j’ai trouvé très plaisant.