Voilà un livre qui m’aura demandé plusieurs mois. Pour plusieurs raisons mais la première, et pas la moindre, c’est que c’est vraiment rédigé en langage universitaire. Et en plus, c’est de l’universitaire avec de la psychanalyse dedans. Ce qui m’est franchement difficile à lire, et qui dans bien d’autres cas m’aurait fait fuir. Mais là, le fond m’intéressait suffisamment pour que je m’accroche. Il se trouve que le fond est dense aussi et ça a été une autre raison de le lire avec des pauses. Faut réfléchir un peu, quoi. Mais je suis bien content d’avoir fait l’effort, même si je suis bien certain de n’avoir compris que partiellement ce que l’autrice raconte. Globalement, elle vient d’abord questionner la prépondérance du consentement. En tout cas dans ses formes affirmatives et explicites. Avec un argumentaire tout à fait solide quant aux freins que ça crée. Et en particulier pour certains profils de personnes qui vont avoir besoin justement de dépasser ce qu’ielles sont capables de concevoir en amont, et donc de consentir. Dont la libido, et la sexualité, demande de dépasser ce qui relève de la volonté. Ce qu’on retrouve en particulier dans nombre de pratiques BDSM, mais pas uniquement. Elle explicite et développe ces idées et leurs répercussions en remontant loin dans la théorie de construction de la psyché, et loin aussi dans les pratiques concrètes, déviantes, excessives. A partir de témoignages réels et tout à fait explicites. J’ai trouvé ça tout à fait passionnant, et éclairant, et perturbant. Et malheureusement, franchement ardu, parce que franchement pointu.