Il est des jeux qu’il est vraiment difficile de décrire, et Osmosis en fait clairement partie. C’est une partie de son intérêt d’ailleurs, cette dimension improbable. Tellement à la limite de l’incompréhensible que ça en devient poétique. Et drôle. Osmosis est un jeu coopératif de communication. On essaie de se mettre d’accord sur une série d’images associées entre elles. Sauf que la contrainte de communication, c’est : on ne doit pas se parler de ce qu’il y a sur les cartes, du tout. Seulement de la manière dont elles sont liées. De la manière dont dans notre tête on les a associées entre elles. C’est uniquement là-dessus qu’on communique, en espérant arriver à un consensus sur les cartes dont on parle. Et donc : si ça vous semble improbable et pas forcément faisable… oui, exactement, et c’est aussi l’impression qu’on a en jouant. C’est un jeu dans lequel il faut lâcher prise, et… ça fonctionne. C’est le bordel, mais on s’en sort, et c’est souvent vraiment vraiment drôle. Justement parce qu’on est collectivement à la limite de l’incompréhensible et de l’échec, et que pourtant on s’en sort. Parce que oui, on s’en sort bien mieux qu’on ne croirait. C’est un jeu que je trouve absolument brillant. Je lui souhaite vraiment un grand succès, mais je ne sais pas si il n’est pas un peu trop décalé, un peu trop bizarre, et en fait un peu trop malin pour avoir un grand succès commercial. C’est un vrai jeu d’auteur, en fait. Avec une mise en forme que je trouve magnifique, et là encore en dehors des classiques très lisses et colorés de l’édition contemporaine. En ce qui me concerne, c’est un vrai coup de coeur, que je vous encourage très fort à essayer.