Florian Forestier est autiste. Il est également docteur en philosophie et auteur de romans. Il sait écrire donc, et dans des registres différents. C’est d’ailleurs ce qui permet la grande particularité de ce livre, ou en tout cas ce qui permet que l’ambition de l’auteur soit réalisée. Il n’avait pas envie d’écrire un livre de vulgarisation, ni un livre pour rassurer et rendre plus facilement acceptable l’autisme. Ni pédagogie, ni publicité donc. A la place, un partage, sensible, incarné, profond et poétique. Florian Forestier raconte ce qu’est l’autisme vécu, interne, et notamment incarné. Par, avec et aussi contre le corps. Le corps qui résiste comme il dit, qui fait obstacle. Et l’autisme qui fait trembler le monde et les relations. C’est très troublant, mais du même coup très inattendu et très précieux, de se plonger dans une pensée, dans une sensibilité aussi directement. C’est une belle écriture, et une vraie altérité. Je ne comprends pas vraiment certains passages, certaines images, mais je les ressens au moins en partie, je peux ainsi toucher quelque chose de son autisme spécifique, de son rapport à lui-même et au monde. C’est un livre étrange, mais de manière très positive.