« Le fascisme, ça commence avec des fous, ça continue avec des salauds, et ça se termine avec des cons ». Voilà la citation, apocryphe a priori, qui explique le titre et la démarche. Nous sommes dans le temps des salauds. Plus celui où des fous font l’apologie du racisme et de la négation des chambres à gaz, celui où des gens raisonnables, des politiciens reconnus, se compromettent et font le lit du fascisme, progressivement, par intérêt et par calcul. La démonstration est implacable. L’auteur enchaîne des compromissions factuelles, des petites stratégies et discours de ces dernières années, de ceux qui se prétendent défenseurs de la République et garant d’une politique stable et raisonnable. C’est tout aussi à gerber que ce que vous pouvez imaginer. Voire, ce ne sont que des choses que vous connaissez déjà, parce qu’on n’est pas non plus dans des révélations inattendues. Simplement, la mise bout à bout de tout ça est révélateur en soi, et puissant. Ce qui est largement permis, et amplifié, par une écriture vraiment maîtrisée, fluide et impactante. Un livre court, très efficace et agréable à lire, avec un contenu important mais tout à fait dégueulasse. Vous devriez en sortir avec la nausée, et/ou la rage.