Face aux diktats de la pensée positive et des injonctions à la réalisation entrepreneuriale de soi, parfois, on a juste envie de dire merde. Et d’assumer la frustration, la colère et l’aigreur. Ce qui me semble très sain. Et c’est le cheval de bataille de Chams Zerrouk : assumer pleinement le seum et les émotions « négatives » qui sont dans son périmètre. Non seulement parce que c’est sain en termes de psychologie individuelle, mais aussi parce que ça a du sens politiquement. Pour ne pas se faire enfermer dans une pensée libérale et culpabilisante insidieuse, et pour mobiliser les émotions et énergies qui permettent d’agir, de contester et de changer le monde. Voilà pour le fond de l’argument développé ici. Et il est bienvenu et tout à justifié de mon point de vue. Pas complètement nouveau, hein, mais c’est pas perdu de le rappeler et de le diffuser. Et le format est agréable. C’est assez court, écrit de manière dynamique, assez drôle et franchement incarnée. Donc ça se lit vite et bien. Et c’est documenté, avec un boulot d’essai journalistique tout à fait correct. Ce n’est pas un bouquin qui va me marquer profondément, mais c’est une lecture plaisante et facile à diffuser, si le sujet vous intéresse ou vous amuse.