
J’ai toujours en une grande sympathie pour les carnavals. Les vrais, les traditionnels, ceux qui retournent le monde avec humour et sauvagerie. Pour leur côté iconoclaste et abandonné. Mais je n’ai jamais eu l’occasion d’y participer vraiment, ni de m’y retrouver pleinement. Les reines pédauques, si. Elles défendent le carnaval dans toute sa vitalité politique, toute son énergie jubilatoire, et elles en célèbrent les traditions et les pratiques. Mais elles les interrogent aussi, à grands coup de pied rigolard, parce qu’en tant que femme, c’est pas forcément accueillant et égalitaire un carnaval traditionnel. Elles inventent, elles proposent, elles mettent à jour en essayant de ne pas perdre le fond traditionnel. Ce qui est un exercice aussi passionnant que réjouissant. Et le livre est construit en cohérence avec le propos. C’est vif et drôle, plein d’interpellations, et donc facile à lire. Avec des illustrations, des témoignages et des exemples. J’ai découvert plein de choses, je me suis amusé, et ça m’a même franchement donné envie d’inventer ces variations modernes du carnaval.