
Je continue ma découverte de cette science-fiction russe des années soixante avec un classique, adapté d’ailleurs en film par Tarkovski (pour faire les malin-es dans vos prochaines soirées culture). L’idée même est drôle et inattendue : des aliens ont débarqué sur terre. Premier contact donc. Mais : ils sont repartis aussitôt, sans avoir établi de communication. Et ils ont laissé leurs aires de pique-nique et leurs poubelles. Zones qui sont pleines de phénomènes physiques imprévisibles et dangereux, et d’objets tout pareil. Ce qui excite les convoitises. Existent donc des stalkers : pillards et contrebandiers capables de survivre à une expédition. C’est un de ces stalkers qu’on va suivre. Mais ce n’est pas une histoire d’aventure et d’adrénaline, c’est une histoire de marginalité, de différence et de cupidité. Les personnages, et en particulier le protagoniste, sont complexes et profonds, et pleins d’espoirs trahis. C’est de la science-fiction des marges. Et de la science-fiction très bien écrite, qui sait ce qu’elle veut raconter et qui a les moyens de ses ambitions. J’ai été tout à fait pris dans ce monde presque contemporain poisseux de destins condamnés à graviter autour de ces zones abandonnées et dangereuses. Ce n’est pas léger, c’est étrange, mais c’est tout à fait mémorable.