
Le concept de charge mentale, et donc genrée, a été élaboré et diffusé depuis quelques années, et a permis de mettre en évidence ce que le fonctionnement patriarcal fait porter aux femmes au quotidien, que ce soit matériellement ou en termes de prise en charge sociale et émotionnelle. Il est donc assez logique de faire un parallèle avec le racisme et le suprématisme. C’est le point de départ de cet ouvrage : l’introduction de cette idée de charge raciale, d’un coût spécifique porté par les personnes racisées, notamment dans leurs relations avec des blanc-hes. Ce qui est très intéressant et révélateur d’un certain nombre de questions peu traitées et de zones aveugles. Douce Dibondo ne vient pas seulement, voire pas prioritairement, faire de la pédagogie. Elle écrit pour contribuer, de manière critique et élaborée, à un débat en cours, d’un point de vue universitaire autant que politique. C’est raisonnablement accessible, mais c’est un livre fait pour penser, étudier un concept et contribuer à l’affiner et à le positionner. J’ai trouvé ça intéressant, mais sans doute plus ambitieux que ce que je visais, et plus pointu que ce que mon bagage actuel me permettrait d’assimiler aisément.