
It’s been lovely but I have ti scream now, c’est un fanzine littéraire féministe et queer des années 90. Un objet militant et volontairement bricolé qui avait pour finalité de donner un espace et une voix à celles qui ne trouvaient pas de relais dans la littérature ou les magazines bien établis. Avec un principe de porte ouverte : contribuait qui voulait, sans censure et sans édition des textes. Avec par contre une ligne éditoriale engagée, militante et punk. Ce recueil reprend une sélection de textes tirés du fanzine. Les textes sont d’une qualité tout à fait remarquable. Ce qui rend parfaitement justifié le pari des créatrices : il y a beaucoup de voix puissantes et singulières auxquelles il ne manque que des encouragements et une possibilité de diffusion. Franchement, j’ai été bluffé par beaucoup de contributions, et par le niveau général de ce qui est proposé. C’est fort, c’est poétique, rentre-dedans, surprenant et ambitieux. Hors contexte, c’est un recueil de poésie queer de très bonne qualité. Avec le contexte, c’est en plus réjouissant en termes de démarche et d’histoire. Ce que raconte très bien le texte introductif des créatrices du fanzine sur la genèse, les intentions puis le fonctionnement du machin. Récit qui est raconté avec là aussi une langue efficace et pas chiante, pour un exercice qui l’est parfois. Au total donc, un petit livre que j’ai beaucoup aimé et dont le principe même est réjouissant.