Des femmes, certaines trans, qui revendiquent une féminité très marquée, voire caricaturale, et qui se revendiquent féministes assumées, voire militantes : ce sont les chiennes que Itziar Ziga a voulu mettre en lumière. C’est d’elles qu’elle parle, elle incluse. De leur énergie, de leur fièvre, et de leur manière de faire des codes genrés un théâtre excessif pour dénoncer, ridiculiser et surtout déstabiliser et reprendre le pouvoir. Ce qui est potentiellement perturbant, mais surtout joyeux et admirable, avec dans le cas présent une énergie et une exubérance toute espagnole. Itziar Ziga alterne entre textes personnels, réflexions théoriques et portraits de ses chiennes, avec de chouettes photos d’ailleurs. Tout ça fait un mélange entre témoignage, réflexion et plaidoyer que j’ai trouvé très engageant et réjouissant. C’est dans la veine des féministes prosexes et de l’hyperféminité, ce qui pose plein de questions, mais de manière tellement enthousiasmante que, d’abord ou pas, je trouve ça très chouette à lire et à réfléchir.