
Deuxième essai de Catherine Dufour, avec cette fois-ci son premier succès. Il s’agit de deux romans courts, qui se suivent, et qui composent la moitié du cycle « Quand les dieux buvaient ». Tout ceci, comme le laisse deviner le sous-titre, est franchement satirique, et même largement bordélique. Le ton est pleinement humoristique, et même dense en blagues et en allusions, avec en permanence des clins d’œil aux références technologiques et politiques modernes. Une sorte de fable déjantée et branque sur un thème de contes de fée et de mythologie en vrac. J’ai bien aimé le côté satirique et humoristique, avec plein d’idées vraiment drôles et bien vues. Mais j’ai peiné sur la forme. D’abord parce que c’est vraiment bordélique. On passe d’un personnage à l’autre à un rythme tel (parfois tous les paragraphes) que j’ai trouvé difficile de suivre chacun-e, et d’autant plus de m’attacher vraiment aux personnages (voire pour certain-es de me souvenir vraiment de leurs enjeux et particularités). Bref, ça m’a rendu la lecture laborieuse. Et l’autre frein, pour moi, ça a été l’écriture, avec là aussi une base que j’apprécie, c’est-à-dire une écriture pleine de jeux de style et de structures, mais trop pour moi. Et là encore, ça m’a rendu la lecture un peu laborieuse. Ce n’est pas rédhibitoire, mais sur un texte aussi long, ce n’est pas idéal pour mon goût à moi. Maintenant, comme le fond est vraiment drôle et inventif, ça peut peut-être marcher pour vous.