Peut-être bien que vous connaissez Marion Fayolle pour ses recueils de dessin. Surréalistes, fins, touchants et souvent d’une acuité étonnante, je vous encourage à y jeter un œil (en particulier ceux sur les enfants si vous êtes parent-e). Or : Marion Fayolle écrit aussi. Et son écriture est exactement sur le même registre que ses dessins. C’est d’ailleurs étonnant de voir à quel point elle touche aux mêmes émotions avec les mêmes ressorts, mais en changeant de forme. Ce ne sont donc pas des dessins, mais des tout petits poèmes. Quelques lignes, au maximum une petite page écrite en gros. Et avec ce format très court, elle parvient à évoquer des émotions complexes, et bien souvent à y introduire une chute, une torsion, un décalage. Et donc une complexité humaine, quelque chose de doux-amer, qui gratte, qui fait clin d’oeil, qui touche donc. Chaque poème est une petite sucrerie, une vignette. A lire à son rythme donc, pour un plaisir délicat et malin.