
Depuis un moment, je me disais qu’il fallait que j’essaie John Holloway, mais j’hésitais parce que ce sont de gros morceaux. Et, bon, c’était justifié d’hésiter, c’est un gros livre dense. Mais je ne regrette pas, il y a de quoi se nourrir. Et puis, avec un titre comme ça, on sait qu’on ne vient pas pour rien et que ça vient sur des questions importantes et urgentes. John Holloway s’attaque à cette question de l’espoir avec sérieux, avec l’ambition d’y aller de manière profonde et radicale, pas de rester sur des réponses superficielles et faciles. Donc, c’est dense, avec du contenu théorique et de la référence philosophique et politique de gros gabarit (genre, du foucault, adorna, marx, tout ça quoi). Alors, tous sont convoqués de manière compréhensible et explicitée mais il vaut mieux avoir quelques repères quand même à mon avis. Même en ayant des repères, il faut rester concentré. Pour moi, particulièrement sur les longs moments d’analyse macro-économique marxiste. Mais c’est pas pour rien, l’auteur propose vraiment des éclairages ambitieux et importants, et qui viennet effectivement alimenter un vrai espoir de fond. Qui n’est pas un optimisme, mais bien une perspective raisonnée de lutte pour, et même surtout de lutte contre. J’aime que Holloway ne fasse pas dans l’angélisme ni dans les solutions simplistes et confortables. Il nous pousse loin, et c’est bienvenu, vraiment, même si ce n’est pas confortable et tranquille. Avec une issue qui est tout à fait honnête et cohérente avec l’ensemble de son analyse : donc il va falloir bosser et on ne sait pas exactement où ça va aller tout ça, mais on lutte : dans, contre et au-delà. Bref, c’est de la grosse politique tout ça. Tournée de manière vraiment accessible (pour des intellos politisés mais pas forcément avec un bagage universitaire). J’en ai tiré quelques idées fortes et plein de petites choses que j’ai noté. Et j’ai bien aimé, mais je ne vais pas attaquer le précédent tout de suite non plus 😉