
Dans la collection nouvelles lunes, un très court récit, et pour autant assez marquant. Un rêve de grand enfant. Mais un grand enfant d’une de nos banlieues, issu d’une culture maghrébine et subissant le racisme institutionnel, que ce soit par l’urbanisme, l’école ou la police. Il rêve d’incendie, de défier la police, de sabre magique du prophète… C’est troublant. Troublant parce que c’est juste un rêve, donc un récit très fluide et plein de symboles, et que ça nous emporte. Et troublant parce que ça donne à comprendre, ou au moins à toucher du doigt, la manière dont peut se construire un imaginaire profondément différent de ce qu’on se représente dans la culture dominante. Malgré la télé, les films et tout ce qui semble faire une culture partagée. C’est en ce sens assez puissant comme prise de conscience, de mesurer à quel point cette différence a du sens et est produite par le cadre de vie et les rapports sociaux du quotidien. Et connaissant Fatima Ouassak, c’est réfléchi et très bien mené donc. Tentez et vous me direz si ça vous fait le même effet d’altérité.