Rutger Bregman est un journaliste (et un historien) brillant dans ses choix de sujets et sa capacité à vulgariser des contenus réjouissants politiquement. Son “Utopies réalistes” est un livre que je continue à conseiller régulièrement. Il y montrait comment tout un tas d’utopies avaient en fait déjà été essayées avec succès. De quoi se donner de l’énergie pour continuer à changer le monde. Ici, c’est l’étape suivante, et une sorte d’aboutissement : un plaidoyer et une stratégie pour s’engager, concrètement, à changer le monde le plus et le mieux possible. Et c’est vraiment chouette, ça fait du bien (et ça met quelques coups de pieds au cul aussi, mais très gentiment). Le point de départ, c’est de défendre et de réhabiliter l’ambition morale, cette détermination à contribuer au mieux à améliorer le monde. Ce qui est déjà encourageant et rassurant. Et sur cette impulsion là, Rutger Bregman déroule ensuite une vraie enquête sur la manière dont certain-es ont pu, justement, changer le monde. Et il en tire des grandes leçons et stratégies, faciles d’accès, pour faciliter la mise en train de toustes. Parce que son but n’est pas de donner à réfléchir mais de simplifier, voire de provoquer, la mise en action, la bascule vers une vie engagée et activiste. C’est un équilibre très bien tenu : donner envie, provoquer des déclics, sans être culpabilisant, sans donner l’impression que c’est trop, pour se ressaisir d’ambition et de sens. Et sur le trajet, on découvre une galerie très très réjouissante de personnages et de structures. Qui ne sont pas seulement des icônes, mais des inspirations et des ressources, accessibles et utilisables. Franchement, si vous avez envie d’encouragements, de vous ressourcer et de pousser plus loin le sens et l’engagement, c’est une lecture qui fait beaucoup de bien et qui mérite de circuler le mieux et le plus possible.